La créatrice de l'Aventure du beau

Marie Morand

Chercher le sens des oeuvres d'art

Il était une fois un grand historien de l'art et néanmoins fervent épicurien, Enrico Castelnuovo, alors professeur à l'Université de Lausanne. Un adepte passionnant d'histoire sociale de l'art dont je fus l'élève puis l'assistante de nombreuses années. C'est à sa fréquentation que je dois ma posture d'historienne de l'art attentive à la composante socio-historique de la culture. Et cette faim de comprendre pourquoi telle oeuvre d'art à tel moment, dans tel contexte géographique, social, politique, économique. La recette? Voir intensément, voyager beaucoup, lire énormément, chercher inlassablement derrière la surface des oeuvres. Plus tard, en 1979, il m'ouvrira les portes du prestigieux Institut Roberto Longhi et celles de la Galleria d'Arte moderna du Palazzo Pitti à Firenze, pour mes débuts professionnels et mon post-grade de muséologie. J'y ferai des recherches sur l'influence de la politique sur la constitution des collections de musée dans l'Italie de l'entre-deux guerres. Je publiai, je participai à des commissariats d'expositions comme à celui du IVe centenaire de la Galleria degii Uffizi. Mes premières armes.

Puis, retour d'Italie, retrouvailles avec l'Université, les étudiants, et cette envie toujours plus présente de creuser et de partager les multiples dimensions de l'oeuvre d'art. A la carrière universitaire je préfère désormais le terrain public. Choisie en 1984 au poste de directrice des Musées cantonaux du Valais à Sion (charge que j'ai occupée jusqu'en octobre 2013), je m'emploie aussitôt à mettre en valeur la richesse artistique des territoires alpins et leurs surprenantes relations avec les pôles culturels dominants.

Auteure ou curatrice de diverses publications (catalogues, articles), commissaire de nombreuses expositions en histoire culturelle et questions muséales dans les quinze premièes années de mon mandat, je consacre les quinze suivantes à doter les Musées cantonaux d'outils performants en matière de conservation et de recherche scientifique, tout en m'attachant à concevoir et à mettre en oeuvre un modèle original de paysage muséal régional, fondé sur la gestion partagée en réseau avec des musées non financés par le canton. Le "modèle valaisan" intéresse à l'extérieur et j'endosse rapidement le costume de conseillère scientifique auprès de plusieurs institutions en Suisse, Italie et France. En particulier dès 2008, suite au délicat réaménagement du Musée d'histoire du Valais sur le prestigieux site historique de Valère et du regroupement des six musées cantonaux en trois institutions complémentaires.

De la scène valaisanne à la scène nationale. Elue première femme présidente de la section suisse du Conseil international des musées de 2003 à 2009, j'oeuvre spécialement à l'amélioration de la formation des professionnels de musée, coeur de la mission de l'ICOM, participant à l'élaboration d'un Référentiel international des professions de musée, enseignant jusqu'en 2013 dans les cours nationaux de muséologie et de gestion culturelle ainsi qu'à l'Université de Neuchâtel où j'accompagne les premières années du Master en muséologie.

Le travail en équipe me stimule et grâce à mon engagement dans des partenariats noués de longue date entre les musées de l’arc alpin occidental (Grenoble, Chambéry, Annecy, Aosta, Torino, Susa, Fribourg, Genève, Lausanne, Sion) pour des projets d’exposition et de recherche scientifique, je bénéficie d'une connaissance approfondie de la culture métissée de ces territoires, nourrissant ainsi une pratique pluridisciplinaire qui élargit constamment mon horizon. Pour mon bonheur, ce partenariat dure encore.

« Regarde comme c'est beau ! »

Cet appel paternel, entendu maintes fois dans l'enfance, est sans doute à la source de mon goût pour l'improbable profession de "montreuse de beau", une activité que j'ai développée en privé depuis plusieurs années en parallèle à la direction de musée. Un pan de vie inspiré par les montreurs d'images du Moyen Age dont le passage dans les châteaux, villages, foires ou abbayes était propice à augmenter ses connaissances, à nourrir son parcours de vie et à fréquenter d'autres univers.

Voir ce que l'on regarde. Regarder ce que l'on voit. S'interroger sur le sens de ces oeuvres, se demander ce qui à nos yeux les rendent intéressantes et belles. S'offrir le temps de comprendre en quoi cette beauté nous parle de notre histoire, de la diversité de nos cultures, de nos valeurs.

La rencontre avec le directeur de l'agence française Voyages Intérieurs, dans le désert occidental d'Egypte au printemps 2012, fut l'occasion de donner une forme publique à tout cela au moment où j'allais mettre fin à ma carrière de directrice de musée. Ainsi, le 31 juillet 2012 est née la ligne de voyages l'Aventure du beau.

Six ans plus tard, après quinze voyages entre Orient et Occident créés en duo et guidés dans l'enthousiasme, l'Aventure du beau a rejoint l' équipe de l'agence spécialisée Voyages et Culture à Lausanne dans une version enrichie. Désormais je ne serai plus l'unique montreuse de beau. Des spécialistes éprouvés, venus d'horizons différents et recrutés pour leur faculté à partager leur savoir et la flamme qui les anime, créent avec moi de nouvelles opportunités pour tout public d'approcher l'art et la culture en compagnie de professionnels.

Pour, ensemble, voyager, comprendre et aimer le monde...autrement.




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L'Aventure du beau

Des oeuvres et des sites choisis en vertu de leur exceptionnelle capacité créatrice à incarner notre histoire. Une approche lente, sensible et en profondeur afin d'en révéler le sens, comprendre mieux qui nous sommes, et, pourquoi pas, construire une expérience personnelle de la beauté. Des voyages d'art cousus main, en petits groupes d'une dizaine de personnes. Voyager le monde...autrement.